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Wednesday, April 24, 2019

Fake news. No news?

Cela fait maintenant plus d'un mois que je note des idées, mais j'ai de la difficulté à les relier. Je vais donc commencer tête baissée, et voir si je peux en tirer quelque chose.

Tout le monde parle de fake news, que nous devrions faire quelque chose, ou quelqu'un devrait faire quelque chose à ce sujet, que nous devrions avoir des algorithmes qui détecterait les fausses nouvelles, etc. Mais ces 'réflexions' sont tellement ignorantes que ça me dépasse. Pour commencer, ce que nous entendons par 'fake news' n'est pas du tout clair. Des canulars pour rire ? Probablement pas. Des mensonges éhontés ? Certainement, mais (comme l'a dit Ponce Pilate) "qu'est-ce que la vérité" ? Bien sûr, si la vérité est un concept glissant, nous pourrions nous contenter de parler des 'faits'.

Mais les 'faits' sont aussi glissants :

Le rapport Mueller en est un excellent exemple : les deux côtés politiques interprètent les mêmes faits de manière totalement différente. Et comme l'a souligné Jordan Peterson : il y a des millions de faits, tout dépend de la façon dont vous décidez lesquels sont importants ou intéressants - et vous ne pouvez pas utiliser les faits pour le déterminer !

On dit que la mort des médias et de sources fiables est une catastrophe pour la démocratie, et qu'il faut une action gouvernementale pour protéger les journaux. Il y a plusieurs éléments à cette pensée : d'abord, pour une grande partie des médias, ils l'ont cherché en jouant le rôle de prédicateurs - au lieu de se contenter de raconter les choses comme elles étaient, ils se mettaient à dire comment elles devraient être, comment les lecteurs devraient penser. Évidemment, on pourrait prendre la concéder qu'une objectivité parfaite est impossible, alors autant afficher ouvertment ses préjugés et y aller franco (c'est/c'était la logique de The Intercept). Mais beaucoup de gens ont été dégoutés par ces prédications.

La disparition de sources d'information fiables est problématique, mais plus précisément, c'est la disparition d'une source de revenu pour les personnes qui veulent fournir des informations fiables. Mais j'ai bon espoir à ce sujet. Je pense que si la demande est là (et je crois qu'elle l'est), alors l'argent le sera aussi, c'est juste que personne n'a encore trouvé comment cela peut fonctionner à l'ère d'Internet. En fait, en ce sens, je pense qu'il y a de l'espoir que les choses pourraient aller mieux que jamais - parce que les journaux (comme les artistes) semblent avoir toujours dépendu plus ou moins de la largesse de quelqu'un ayant assez d'argent pour faire des folies. Si le journalisme pouvait être entièrement financé par la masse, ce serait plutôt cool. Cependant, comme dans les journaux, si vous n'écrivez pas ce que les gens veulent lire.... vous êtes à court d'argent. Alors, à quel point pouvez-vous être indépendant et objectif ?

Mais un autre courant de pensée (provoqué par cet article sur la difficulté de s'attaquer systématiquement aux fausses nouvelles) est - et si nous, en tant qu'individus, arrêtions tout simplement de suivre les infos ? Il semblerait que Tolkein ne s'intéressait pas du tout aux nouvelles - pour lui c'était sur des siècles que c'était intéressant de réfléchir.

Mais est-ce que ça changerait vraiment quelque chose ?

Bien sûr, le corollaire à cela est - dans l'état actuel des choses, pouvons-nous réellement changer quoi que ce soit ? Il pourrait être plutôt rationnel de déterminer que nous avons une influence quasi nulle sur l'orientation politique de nos pays (quelle que soit leur niveau de démocratie), et que nos fortes convictions et notre temps perdu à déblattérer (ou même à regarder les nouvelles) sont disproportionnés par rapport à notre capacité (ou compétence) à tout changer.

Ce n'est plus très à la mode, mais ... serait-ce possible que Dieu est toujours en charge des 'principautés et des pouvoirs' ? Peut-être qu'on devrait juste se 'poser' et le laisser s'occuper des affaires de 'grands' ? Je ne sais pas ce que cela signifie en termes de chrétiens et de politique (sans parler des chrétiens EN politique), mais c'est intéressant de se l'imaginer.

Cela rejoint mes réflexions de longue date sur le christianisme et le pouvoir. Il me semble que tout dans la vie de Jésus tendait à ne pas utiliser le pouvoir pour faire les choses facilement. Depuis les exemples extrêmes comme sa tentations par Satan, jusqu'à quelque chose qu'un prédicateur a mentionné il y a 35 ans et qui m'est resté depuis : (pourquoi Jésus a-t-il demandé un bateau pour que les gens puissent le voir/entendre ? Il aurait pu se tenir debout sur l'eau, cela aurait été un excellent marketing !) et bien d'autres exemples, il me semble que le pouvoir est à considérer avec au moins la plus grande prudence.

Une vie de service ne serait-elle pas plus proche de ce que Jésus nous a montré et de ce que Dieu attend de nous ? Cet article de Damaris Zehner explore le thème de la politique contre le service (dans le contexte des Etats-Unis).

L'exemple de Jean Vanier, décédé récemment, me vient aussi à l'esprit. "Le plus petit parmi vous".

(Bonus : Heureux ceux qui ne sont pas cool).
I've been jotting down ideas for over a month now, but am finding them difficult to tie together. So I'm just going to plunge right in and see if I can make something of it.

Everyone is going on about fake news, about how we should do something about it, or someone should do something about it, about how we should have algorithms which can detect fake news, etc. But this is so totally ignorant that it boggles my mind. For starters it's not at all clear what we mean by fake news. Deliberate trolling for laughs? (Like The Onion?). Probably not. Outright lies? Certainly, but (as Pilate said) "what is truth?". Of course we could content ourselves with just talking about 'facts', if truth seems to slippy.

But facts are slippy too:

An excellent example of this is the Mueller report - where both sides of the divide interpret the same facts in totally different ways. And as Jordan Peterson has pointed out: there are millions of facts, everything hinges on how you decide which ones are important or interesting - and you can't use facts to determine that!

It is said that the death of media and reliable sources is a catastrophe for democracy, and that there needs to be government action to protect newspapers. There are several parts to that thought: firstly for a large part of the media, they bought it upon themselves by taking on the role of preachers - not telling things the way they were, but the way they thought they should be. Obviously, one could take the stance that perfect objectivity is impossible so you might as well nail your colours to the mast and have at it (this is/was the logic The Intercept). But a lot of people have been put off by the preachyness.

The death of reliable sources of information is problematic, though more precisely it's the death of a source of income for people wanted to provide reliable information. But I'm fairly hopeful about that. I think that if the demand is there (and I believe it is), then the money will be too, it's just that nobody has quite worked out how that can function in the internet age. In fact in that sense I think there's hope that things could be better than ever - because newspapers (like artists) seem to have always depended more or less on the largess of someone with enough money to splurge. If journalism could be entirely crowdfunded that would be pretty cool. Though, as with newspapers, if you don't write what people want to read... you're out of money. So how independent and objective can you be?

But another train of thought (provoked by this article on the difficult of tackling fake news systemically) is - what if we, as individuals, just gave up on news? Apparently Tolkein didn't take any interest in the news - he preferred thinking in centuries!
 
But would it really change anything?
 
Of course, the corollary to that is - can we actually change anything as it stands? It might be actually rational to determine that we have near-zero influence on the political direction our countries take (whatever the shade of democracy), and that our strength of opinion and time wasted pontificating (or even watching the news) is way out of proportion compared to our capacity (or competence) to change anything at all.
It's no longer very fashionable, but what if God is still in charge of the principalities and powers? Maybe we should just "sit back" and let him take care of the 'big boys' stuff? I don't know what that means in terms of Christians and politics (let alone Christians IN politics), but it's interesting to do the thought experiment. 

This is in line with my long-running musings about Christianity and power. It seems to me that everything in Jesus' life was about not using power to get stuff done the easy way. From extreme examples like Satan's temptations, to something that a preacher mentioned in passing 35 years ago and has stuck with me since: (why did Jesus ask for a boat to stand in so people could see/hear him? He could have just stood on the water, that would have been great marketing!) and many more examples, it seems to me that power is to be regarded with at least the utmost caution.

Wouldn't a life of service be closer to what Jesus showed us, and what God requires of us? This article by Damaris Zehner riffs on the theme of politics vs service (though in the context of the US).

The example of Jean Vanier, who died recently, looms in my mind too. The least of these.

(Bonus: Blessed are the uncool)







Friday, March 29, 2019

Die yourself ... meurs toi-même


Désolé, encore un bout de vidéo uniquement in English. Ici il parle d'Abram et de sa foi, et que la foi c'est de croire que "si je fais ce qui est juste, les choses iront le mieux possible pour moi".

Il dit qu'on ne peut en avoir la certitude, et que ce n'est pas en regardant ce qui arrive à quelqu'un d'autre qu'on peut savoir comment ça va se passer pour soi-même. "Comme mourir, chacun doit expérimenter pour lui même".

Ce qui m'a fait penser au text: "si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas".
This brief passage won some bells: (paraphrasing what he says here): Faith is like dying, you can't watch someone else and know how it will be for you.

Fall into the ground and die?

Tuesday, March 26, 2019

Who's in charge ... C'est qui qui commande?


Désolé, la vidéo est seulement en anglais.

Ce qui m'intéresse ici c'est la phrase: "Tu ne peux pas te forcer à ce que quelque chose t'intéresse". Dès lors, ça vient d'où l'intérêt, puisque manifestement c'est pas toi qui en es le chef ? Cette notion que nous ne sommes pas 100% maitres de nous mêmes va en l'encontre de ce que la culture environnante tend à nous faire croire. Ca revient au monde du film Vice Versa.

Je n'ai pas plus à ajouter, sauf que c'est quelque chose que je veux essayer d'intégrer dans ma perception du monde.

"You can't make yourself be interested in something". So who exactly is it being interested, if it's not you? This idea that we're not 100% in charge of ourselves is fascinating, and not at all what the current culture tells us. It reminds me of the film Inside Out.

I don't have much to add, other than that this is something which I'm trying to integrate into my perception of the world.

Wednesday, March 20, 2019

Purity vs propagation?

Le fait que le christianisme (et le judaïsme avant) ont accepté que ses textes sacrés soient traduits en d'autres langues (contrairement à l'islam), semble indiquer que la précision, la perfection et (si j'ose) la pureté doctrinale sont sacrifiées pour la dissémination. Le flou est acceptable ; les doctrines basées sur des mots isolés, pompés à sec, ne le sont pas.

The fact that Christianity (and Judaism before it) accepted translation of its sacred texts (contra Islam), seems to me to indicate that precision, perfection and (dare I say?) doctrinal purity were sacrificed to dissemination. Fuzziness is acceptable; doctrines based on squeezing single words to death are not.

Saturday, March 16, 2019

The Lost World of Genesis ... Le monde perdu de la Genèse

Ayant écouté et récouté la série de Jordan Peterson sur la signification psychologique des récits bibliques (dont le premier est soutitré en français), et en attente de la suite (l'Exode, à la fin de l'année), je cherchais des idées de livres pour les trajets au boulot. J'ai toute une liste, mais souvent de livres en anglais, que je n'ai pas envie d'acheter (les étagères sont déjà pleins à rabord), mais que je ne peux pas emprunter à une bibliothèque.

Je me suis donc inscrit à Audible, juste pour voir, et le premier livre que j'ai choisi était Le monde perdu de la Genèse de John Walton (qui ne semble pas exister en français, désolé !)

J'ai plus de peine à me concentrer sur un livre audio que sur un livre 'en vrai' - en partie parce que mes yeux "s'ennuient" et cherchent quelque chose à faire. Du coup j'écoute le livre une deuxième fois. Mais c'est très très intéressant. Je vais essayer de résumer la thèse centrale en quelques mots.

L'auteur parle d'ontologie - qui tourne au tour de comment on définit ce que ça veut dire d'exister. Dans notre monde moderne occidental, l'existence est surtout perçue en termes matériels. Ce qui est matériel existe, ce qui n'est pas matériel n'existe pas. C'est une ontologie matérielle, et donc notre perception de ce qu'est la création (passage de la non-existence à l'existence) sera donc aussi matérielle. Notre lecture de Genèse est donc matérielle, et nos problèmes de reconciliation de la Bible avec la science viennent de là.

Selon sa lecture - notamment des textes anciens extra-bibliques (les mythes de création égyptiens, babyloniens, etc.) dans le monde ancien on avait plutôt une ontologie fonctionnelle. Le matériel avait peu d'intérêt, ce qui comptait c'était que les choses fonctionnent, soient à leur place, servent à quelque chose. Une analogie parlante est une entreprise - est-ce le bâtiment ou les bureaux qui font que l'entreprise existe, ou l'organisation interne, les commandes, etc.?

En lisant la Genèse avec ce regard, on voit la mise en place de fonctions, puis d'un contremaître (les humains), avant l'installation du patron le 7ème jour, et l'entrée en 'fonction' du tout. Pour Walton, le symbolisme est en lien avec le temple - un temple n'est pas d'abord un lieu d'adoration, mais un endroit où habite un dieu. Dans le cas de la Bible, l'univers est le temple de Dieu, et le premier chapitre de Genèse est un récit de l'inauguration de son temple. Peut-être était-ce aussi effectivement une liturgie d'inauguration du temple de Jérusalem ?

Enfin, très intéressant.

Having listened to Jordan Peterson's biblical series twice over, and still waiting for the follow-up (Exodus is supposed to be coming out at the end of the year) I've been casting around for something to read on my daily commute. The problem is that most of my reading list is in English, and it's not books I really want to buy (our shelves are groaning already). And I can't borrow them from the library here either - I mean there are English-language sections, but my tastes are not mass market by any stretch of the imagination.

So I've signed up for Audible (audio books) just to see. And the first book I chose was The Lost World of Genesis by John Walton.

I've found that it's more difficult for me to concentrate on an audio book than a real book. Mostly because my eyes get bored and want something to do. So when I got to the end I started again because I'm fairly sure I've missed some chunks. But it's a very interesting book. I'm going to try and resume the central thesis in a few paragraphs.

A new word for me - or rather a word I've been reading for years but never really got a handle on - was 'ontology', which (by the author's reckoning) is about what we mean when we say that something exists. In our modern scientific world, existence is mostly perceived in material terms. If you can touch it (mostly), it exists, if not, it doesn't ("I'll believe it when I see it" is naive to the point of stupidity, but lots of people mean it when they say it). This is a materialistic ontology, and thus our perception of what creation is (going from non-existence to existence) is also materialistic. Our reading of Genesis is coloured by this, and we think of it in material terms. And this is where all our problems of Bible vs science come from.

From the author's reading of ancient texts (Egyptian, Bablyonian creation myths, etc), in the ancient world they had a more functional ontology. The material aspect was of little interest, what counted was that things were functional, in their place, doing something. One analogy he uses is that of a company - is it existence of a company defined by the buildings and the desks, or by the internal structure, orders coming in, products going out, etc.?

If we read the first chapter of Genesis with these glasses on, we see different functions being instated (time, weather, food, reproduction), a foreman employed (humanity), and on the 7th day the boss moves into his office and the company 'exists' for real. For Walton, this is linked to the temple. A temple is not primarily a place of worship, but a dwelling for a god. In the case of the Bible, the cosmos is God's temple, and the first chapter of Genesis is a recount of the inauguration of this temple. It may even be that it was also a liturgy for the inauguration of the temple in Jerusalem.

Food for thought, in any case. May switch to Kindle though :)

Friday, March 15, 2019

Mind over matter

"Si l'expérience constante de l'esprit ne peut être décrite en termes matériels, la chose logique à faire est de larguer la matière."

La suite (en anglais) ici.
 
"If the constant experience of mind cannot be described in material terms, the logical thing to do is jettison matter."

Must read.

Tuesday, January 22, 2019

Thoughts ... Réflexions

Je réfléchis ces temps à la psychologie évolutionniste, à l'anthropomorphisme, au matérialisme et au tabula rasa.

Je ne suis pas sûr de pouvoir exprimer clairement ma pensée, mais la sélection naturelle en général, et la psychologie évolutionniste, sont des théories si puissantes qu'il est difficile de s'en extirper. Si vous êtes croyant, ce n'est pas nécessairement un problème, parce que les commandements de Dieu l'emportent sur toute tendance "naturelle" que nous pourrions avoir.

Mais pour un matérialiste, les choses sont plus compliquées. Ce qui est, est tout ce qui est, et ce qui est naturel est juste (pour autant que 'juste' peut avoir un sens dans une vision purement matérialiste). Si vous êtes du type anthropomorphique (les humains ne sont que des animaux), c'est dur aussi ; surtout si vous avez utilisé des pingouins 'gays' dans les zoos comme preuve que l'homosexualité est 'naturelle'. Et que penser des colverts nécrophiles ?

J'en suis venue à m'interroger à ce sujet dans le contexte des protestations autour de toute la question de la "masculinité toxique", qui a refait surface avec la American Psychologists Association qui postule que la "masculinité traditionnelle" est mauvaise non seulement pour les femmes (on en parle depuis des années) mais aussi pour les hommes.

Cette position n'est pas tenable si vous croyez que ce qui est naturel est ce qui est juste - si les hommes ont évolué pour devenir ce qu'ils sont, alors d'un point de vue matérialiste, comment pouvez-vous critiquer ? Ma petite théorie, c'est que cette incohérence est ce qui force les gens à argumenter la théorie du tabula rasa : C'est-à-dire que les gens naissent avec l'esprit 'vide'. Que rien n'est inné chez l'humain, tout provient de l'expérience ou l'éducation. Que la société crée tout. Que le genre est une construction sociétale. Que tous les bébés naissent également intelligents. Et donc - par exemple - que la masculinité toxique (et la masculinité elle-même) peut être éliminée en réformant la société.

En tant que chrétien, je crois que Dieu nous appelle au-delà, hors de la "simple évolution", et que "c'est ainsi que tu m'as fait" n'est pas une excuse recevable devant Dieu. Protéger les faibles, résister à nos impulsions, tout cela est "anti-évolution", mais juste.

I've been thinking recently about evolutionary psychology, anthropomorphism, materialism and tabula rasa.

Not sure I can articulate this clearly, but natural selection in general, and evolutionary psychology, are such killer theories that they're difficult to get away from. If you are a believer of any sort, this isn't necessarily a problem, because God's commandments supersede any 'natural' tendencies we might have.

But for a materialist things are more complicated. What is, is all there is, and what is natural is right (as much as right can even mean anything in a purely materialist view). If you are the anthropomorphic type (humans are just animals) this is tough too; especially if you've been using 'gay' penguins in zoos as proof that homosexuality is 'natural'. And what do you do about necrophiliac mallards?

I fell to wondering about this in the context of the furore around the whole "toxic masculinity" thing, which came to the fore again with the American Psychologists Association suggesting that "traditional masculinity" was not only bad for women (we've been hearing about that for years) but also for men.

This position is not tenable if you believe that what's natural is what's right - if men have evolved to be the way they are, then from a materialist point of view, how can you criticise? What I am positing here is that this incoherence is what forces people to argue the tabula rasa theory: Ergo that people are born 'blank'. That it is all nurture, no nature. That society creates everything. Gender is a societal construct. All babies are equally intelligent. And thus toxic masculinity (and masculinity itself) can be done away with by reforming society.

As a Christian, I believe that God is calling us beyond, out, of 'mere evolution', and that "this is the way you made me!" is not a valid excuse. Protecting the weak, resisting our impulses, all this is 'anti-evolution', but right.

Thursday, August 16, 2018

God of the gaps ... Dieu bouche-trou

J'aurais aimé que quelqu'un m'explique ceci il y a 30 ans (et que j'aurais été intéressé et capable de comprendre !)
Et bien sûr, il en va de même pour Dieu lui-même, que la science exclut par sa méthodologie, mais dont beaucoup disent que, s'il y avait des preuves pour Dieu dans la nature, ils l'accepteraient - mais parce qu'il n'y en a pas, la méthodologie doit être solide.
I wish someone had explained this to me 30 years ago (and that I'd have been interested and capable of understanding!)
And of course, the same is true of God himself, whom science excludes by its methodology, but of whom many say that, if there was evidence for God in nature, they would accept it – but because there isn’t, the methodology must be sound.

Tuesday, April 10, 2018

Jordan Peterson

Les gens trouvent frustrant qu'il "ne dira pas" s'il croit en un Dieu transcendant littéral; s'il y a une réalité métaphysique au-delà de la matière; s'il croit en un vrai Jésus crucifié et ressuscité.

Lorsqu'on lui demande, il dit qu'il n'aime pas la question, parce que pour l'un c'est l'affaire de personne, et pour deux, c'est une tentative de l'enfermer. Je suis de plus en plus sensible à cet argument.

Dans d'autres endroits, il a dit : "Je vis comme si c'était vrai", et "ce que vous croyez vraiment est révélé par ce que vous faites, et non par ce que vous dites que vous croyez". Je ne veux pas mettre ces deux affirmations ensemble et en déduire qu'il s'agit d'un message caché et que oui, il est "l'un des nôtres", parce que je pense que ce serait précisément l'enfermement dont il parle.

Pourquoi voulons-nous "savoir" ? C'est ça la question. Pourquoi est-ce que je suis les liens vers "Jordan Peterson est-il chrétien" ? Je pense que c'est un Shibboleth, un raccourci, une étiquette, une catégorisation. En bref, c'est la pensée de groupe, dedans/dehors, nous/eux. Cela évite d'avoir à écouter ce qu'il dit et d'y réfléchir. S'il n'est pas "l'un des nôtres", nous pouvons simplement l'ignorer. Et s'il est l'un des nôtres, il n'a probablement rien de nouveau à dire non plus.

Aussi, pour les athées, s'il se "dévoilait" comme un "vrai" chrétien, il serait aussi radié.

Ironiquement, il s'agit d'une "simplification de la complexité des autres" dont il parle souvent...

Notez que je n'insinue pas qu'il esquive délibérément pour l'effet (bien que ce ne soit pas impossible). Il semble vraiment "pas décidé" au sujet de l'historicité de la mort et de la résurrection de Jésus. J'avoue que je soupçonne qu'il remet à plus tard la résolution de cette question dans son propre esprit, parce que le filon qu'il exploite actuellement est si fructueux.


(Note, depuis, j'ai trouvé une confirmation: s'il brise le suspense, il serait plus facile de l'ignorer. Aussi les gens n'écoutent pas les certitudes: C'est aussi la raison pour laquelle je laisse un pied dans le doute, présenter les gens avec des certitudes ne va pas fonctionner.)

Sa popularité soulève tant de questions, c'est fascinant.

Comme le dit Paul VanderKlay, comment se fait-il que Peterson a des salles de concert combles à 20 dollars le siège pour que les gens l'entendent parler de la Bible alors qu'il y a des églises qui parlent de la Bible toutes les semaines gratuitement, mais qui restent à moitié vides ?

Regardez ceci (pris dans les commentaires ici):  
"En tant que personne née en union soviétique, j'étais quelque peu athée et militante. J'ai supposé que la religion est un ensemble de comptes de fées manipulateurs, que c'est contre le bon sens et qu'elle empêche le progrès scientifique. Je n'arrivais pas à comprendre comment quelqu'un pourrait croire à de telles absurdités. Cependant, après avoir écouté Jordan Peterson, j'ai l'impression de mieux comprendre la religion, et je comprends qu'elle contient probablement beaucoup de sagesse cristallisée par de nombreuses générations de nos prédécesseurs, de sorte qu'elle ne devrait peut-être pas être facilement rejetée."

"J'ai été un fier agnostique toute ma vie, mais maintenant, à 55 ans, à travers Jordan Peterson, je me sens de plus en plus proche de devenir chrétien."
Les gens "viennent à la foi" par l'intermédiaire d'un type qui ne croit pas, ou ne croit pas vraiment, ou ne croit pas comme il faut, ou quelque chose comme ça. C'est bien ou mal ? D'autres commencent à se dire "chrétiens athées". Considérons-nous qu'il s'agit d'un cas de "par leur fruits, vous les connaîtrez" ? Ou est-ce plutôt "tout esprit qui ne reconnaît pas Jésus n'est pas de Dieu" ?

Ce que Peterson semble dire, c'est que les vérités fondamentales de la Bible sont "objectivement" vraies, d'après l'observation. Est-ce une hérésie, ou ne devrions-nous même pas être surpris ? Parce que "Toute vérité est la vérité de Dieu", etc..

Le christianisme a-t-il évolué le concept de Dieu parce qu'il reflète la nature fondamentale de la réalité, ou la réalité est-elle telle qu'elle est parce que Dieu l'a faite ? Je ne vois pas comment il est possible de distinguer la différence à partir de la simple observation. Mais, si vous êtes un pragmatique comme Peterson : "si ça marche, c'est que c'est vrai, ou suffisamment vrai".
Que signifie croire en Christ ? Une façon serait de dire : "Je considère la déclaration selon laquelle la crucifixion du Christ m'a racheté comme vraie"
Mais voici une autre façon : "Prenez votre croix et montez cette foutue colline".
C'est la bonne définition, en ce qui me concerne.
(https://youtu.be/B74WowudoFg?t=58m45s)
Maintenant, vous pouvez essayer de brandir "la grâce, pas les œuvres", mais ce qu'il dit frappe au coeur de la manière dont la "foi" est progressivement devenue "l'assentiment intellectuel à des propositions". Peterson dit, avec James : "Vous pouvez savoir ce que les gens croient vraiment par la façon dont ils agissent, et non par ce qu'ils disent".

Et on pourrait aller plus loin. Tu peux savoir ce que tu crois vraiment par la façon dont tu agis.

Curieux? Commencez ici (mais assurez-vous d'être assis confortablement auparavant !).
People find it frustrating that he "won't say" if he believes in a literal transcendent God, whether there is any metaphysical reality beyond the material, whether he believes in a real breathing crucified and resurrected Jesus.

When asked, he says that he doesn't like the question, because for one it's nobody's business, and for two, it's an attempt to box him in. I am becoming increasingly sympathetic to this stance.

In other places he has said "I live as if it were true", and "what you really believe is revealed by what you do, not what you say you believe". I don't want to conflate these two and infer that this is some hidden message and that yes, he's "one of us", because I think that's precisely the boxing in he's talking about.

Why do we want to "know"? That's the question. Why do I follow the links to "is Jordan Peterson a Christian?"? I think it's a Shibboleth, a shortcut, a label, a categorisation, a pigeon-hoping. In short it's groupthink, in/out, us/them. It saves having to actually listen to what he's saying and thinking about it. If he's not "one of us", we can just write him off. And if he is one of us, he's probably got nothing new to say either.

Also, for atheists, if he was to 'come out' as a 'real' Christian, he'd be persona non grata.

Ironically this is a natural "simplification of others" which he often mentions...

Note that I'm not implying that he is deliberately obfuscating for effect (though it's not impossible). He does genuinely seem to be 'on the fence' about the historicity of Jesus' death and resurrection. I admit that I suspect that he may be putting off the resolution of that question in his own mind because the seam he is currently mining is so fruitful.

(Note, I've since found some confirmation: if he breaks the suspense, he'll be easier to ignore. Also People don't listen to certainty: That's also why I leave one foot in doubt, presenting people with certainty is not going to work.)

His popularity throws up so many questions, it's fascinating.

As Paul VanderKlay says, how come Peterson is selling out concert halls at 20 dollars a seat for people to hear him talk about the Bible when there are churches talking about the Bible every week for free, but which remain half empty?

Look at these (from the comments here):  
"As a person born in soviet union I was somewhat militant atheist in my views. I assumed that religion is a bunch of manipulative fairy tails, that it is against common sense, and prevents scientific progress. I could not understand how anyone can believe in such nonsense. However, after listening to Jordan Peterson, I feel I understand religion better, and I understand that it probably does have a lot of wisdom in it crystallized by many generations of our predecessors, so maybe it should not be easily dismissed."

"I have been a proud agnostic for all my life, but now at 55, through Jordan Peterson I feel myself moving closer and closer to becoming a christian."
People are 'coming to faith' through a guy who ostensibly doesn't believe, or doesn't really believe, or doesn't believe right, or something. Is that good, or bad? Other people are calling themselves "atheist Christians". Do we consider this a case of 'by your fruit you shall know them'? Or is it "every spirit that does not acknowledge Jesus is not from God"?

What Peterson seems to be saying is that the fundamental truths of the Bible are 'objectively' true, from observation. Is this heresy, or should we not even be surprised? Because "All truth is God's truth" etc.

Did Christianity evolve the concept of God because it reflects the fundamental nature of reality, or is reality the way it is because God made it? I don't see how it's possible to tell the difference from mere observation. But, if you are a pragmatist like Peterson: "if it works, it's true, or true enough".
What does it mean to believe in Christ? One way is to say: "I regard the statement that Christ's crucifixion redeemed me as true."
But here's another way: "Pick up your cross and walk up the god-damn hill".
That's the proper definition, as far as I'm concerned.
(https://youtu.be/B74WowudoFg?t=58m45s)
Now you can try waving your wobbly "grace not works" stick at that, but it really bites hard into the way that 'faith' has progressively become 'intellectual assent to propositions'. Peterson says, with James: "you can tell what people really believe by how they act, not by what they say".

And you can take it further. You can tell what you really believe by how you act.

Interested? Start here (but make sure you're sitting comfortably first!).




Monday, March 05, 2018

Trust, learn, doubt, unlearn, grow ... Croire, apprendre, douter, désapprendre, grandir

Je crois que je sais ce que je vais dire depuis longtemps, mais ce n'est seulement ces derniers jours que c'est venu assez 'devant' dans mon cerveau pour penser à mettre des mots dessus.

C'est dans le contexte de mon écoute des cours de Jord sur internet que j'ai remarqué en moi-même une tendance à fuire tout ceux qui étaient critique de lui et de ses idées. Et je crois que ça correspond au schéma d'apprentissage/disciplat qui suit la progression exprimée dans le titre de cet article.

Croire
Pour apprendre de quelqu'un, on doit commencer par leur faire confiance. Évidemment, cela signifie qu'on ne va pas choisir n'importe qui pour apprendre, on cherchera quelqu'un qu'on a des raisons de croire. Et pourtant, étant donné qu'on est précisément incompétent pour juger de leur compétence (car sinon ils n'auraient rien à nous apprendre), notre choix sera forcément en partie subjectif. Il y aura un élément de ... confiance.
Apprendre
La chose importante est qu'on ne peut pas apprendre de et douter de l'enseignant en même temps. Moi je ne peux pas, en tout cas. Il faut « se donner » dans un certain sens. Il faut se plonger totalement dans la vision de notre « gourou du moment » afin de devenir suffisamment familier pour pouvoir voir les choses « de l'intérieur ». Si on continue à douter et à remettre en question chaque deuxième mot, ce sera un peu comme essayer de suivre un livre de langue étrangère en regardant chaque mot du dictionnaire, un à la fois.

Douter
À un certain moment, on sentira qu'on en sait assez pour pouvoir dire qu'on comprend. Peut-être pas totalement, mais suffisamment pour avoir l'impression qu'on peut marcher de nos propres forces. Manipuler les idées, les retravailler, les mettre dans le contexte d'autres idées venues d'ailleurs. C'est le moment où on est prêt à se libérer de sa « dépendance » envers le gourou. Donc, dans mon cas, dans un proche avenir, je m'attends à ce que je parte chercher des détracteurs de Jordan Peterson. Je commencerai par essayer de déterminer s'ils ont réellement compris (ou s'ils sont en désaccord  préventif, c'est souvent ce qui passe pour de la « pensée » sur internet). Je vais ensuite essayer de les comprendre.

Désapprendre
Et je vais probablement, peut-être, abandonner certains des éléments pris sur la base de la confiance. Soit parce que je décide qu'ils sont faux, ou (plus probablement) qu'il n'est tout simplement pas possible de savoir avec certitude. Donc, les choses vont être remises dans la vaste catégorie de « pas connu à ce moment et peut-être inconnaissable» . Je suppose qu'il y a une nuance de « thèse - antithèse - synthèse » dans cette progression, mais je m'intéresse davantage à cette articulation entre foi, pensée et apprentissage.

Grandir
Finalement - nous espérons - je devrais sortir de la fin de ce processus avec une compréhension plus profonde de quelque chose que je n'avais aue vaguement appréhendé auparavant. Ou - avec un peu de chance - quelque chose dont je n'imaginais même pas l'existence. Et le résultat final, le but, est une meilleure compréhension de moi-même, de la réalité, de ma place et de la place de tous les autres dans cette vie.

I think I've know this for a long time, but only over the last few days actually had it far enough 'forward' in my brain to think to put words to it.

It is in the context of listening to lectures by Jordan Peterson that I noticed in myself a distinct disinclination to follow any links that looked like they might be criticising him. And I think this fits into a pattern of apprenticeship/discipleship that follows the progression in the title of this post.

Trust
To learn from someone, you have to start by trusting them. Obviously that means that you're not going to choose just anyone to learn from, you'll look for someone you have reasons to believe. And yet given that you are precisely incompetent to judge their competence (because otherwise they'd having nothing to teach you), your choice will necessarily be partly subjective. There will be an element of ... trust.

Learn
The important thing is that you can't learn and doubt the teacher at the same time. Or I can't, in any case. You have to 'give yourself' in a certain sense. You have to plunge totally into the vision of your elected "guru of the moment" in order to become sufficiently familiar to see things "from the inside". If you keep doubting and questioning every second word, it will be a bit like trying to follow a foreign language book by looking up every single word in the dictionary, one at a time.

Doubt
At some point, you will feel you know enough to be able to say that you understand. Maybe not totally, but sufficiently to feel like you can walk on your own two feet. Manipulate the ideas, rework them, put them in the context of other insights from elsewhere. This is the point at which you're ready to break free from your "dependence" on the guru. So, in my case in the near future I expect that I'll go off looking up a load of Jordan Peterson detractors. I'll start by trying to determine if they have actually understood (or if they are pre-emptively disagreeing by association, this is often what passes for 'thought' on the internet). I'll then try to understand them.

Unlearn
And I'll probably, maybe, possibly abandon some of the elements taken on trust. Either because I decide that they are wrong, or (more likely) that it is just not possible to know with any certainty. So things will get put back in the - vast - "not known at this time and possibly unknowable" category. I guess there are shade of "thesis - antithesis - synthesis" in this progression, but I'm more interested in this articulation between belief, thought and learning.

Grow
Finally - we hope - I should come out of the end of this process with a deeper understanding of something which I only vaguely apprehended beforehand. Or - with a bit of luck - something that I didn't even imagine might exist. And the end result, the aim, is a better understanding of myself, of reality, or my place and everyone else's place in this life.

Thursday, February 08, 2018

Three testament Bible

This is VERY worth a read.
"Nevertheless we now live at the fortunate time when the prince has, after many adventures, imprisoned the giant and is, perhaps, just about to marry the princess. And that more or guarantees that they will all live happily ever after eventually. But perhaps not before one or two more adventures, in which we ouselves may well be characters."

Thursday, November 09, 2017

Interlude

Une pause dans la série des photos de vacances pour partager une pensée qui m'est venue ce matin.

La culture moderne, les féministes, ou les "guérriers de la justice sociale" sont en train de réinventer le mariage.

La chasse au sorcières qui est en cours, non seulement contre les violeurs et abuseurs sexuels, mais aussi contre les hommes qui font des avances ou des propositions à des femmes (ou hommes) va finir par faire du mariage le seul lieu 'sûr' pour pratiquer les relations sexuelles sans risque de se faire trainer en justice.

C'est une délicieuse ironie qu'on fini par arriver aux mêmes conclusions (mais pas pour les mêmes raisons) que l'éthique d'antan, que ces mêmes personnes décrient avec virulence (voir la réaction des médias quand le vice président américain a expliqué qu'il ne mangeait jamais en tête-à-tête avec une autre femme que la sienne).
Just pausing in the holiday photos series to share this possibly-accurate observation that fell into my brain this morning.

Modern culture, feminists, SJWs or whatever you want to call it is in the process of reinventing marriage.

The witch hunt and naming-and-shaming of not just rapists and sexual abusers, but men who make passes or proposition women (or men) is ultimately destined (probably unwittingly) to make marriage the only 'safe space' (as in not-going-to-get-sued-or-jailed) in which to experience sexual relations.

That this is essentially a return to the same conclusion (though not reasoning) of the ethical standards of yesteryear which these same people reject (cf Mike Pence) seems delightfully ironic to me.

Sunday, August 20, 2017

Evolution determinism

Accrochez-vous, ça va être un peu j’écris-pour-découvrir-ce-que-je-pense.

J’ai donc récemment découvert ce type qui publie des réflexions sur la science, la foi et l’évolution qui me semblent novatrices. Et j’ai aussi commencé à lire Ars Technica, un site très intéressant, bien que le biais à gauche (des commentaires, au moins) me dérange parfois.

Il semblait y avoir une sorte de synergie entre deux articles que j’ai lu cette semaine, que j’essaie d’élucider.

Ici, Jon Garvey parle de certaines recherches qui indiqueraient que nos analogies du « programme informatique » pour l’ADN sont complètement erronées: plutôt qu’un morceau d’ADN qui se traduirait en un trait ou fonction, en fait un bout d’ADN aurait une influence sur des centaines, voire des milliers de traits. (Bon, j’avoue que dans la vraie vie, changer un petit bout de code d’un programme informatique a souvent des conséquences inattendues ailleurs!)

Ce qui m’a amené à me demander: eh bien, pourquoi pensions-nous que ce serait si simple? Je suppose que ça pourrait être le rasoir d’Ockham, ou peut-être que les scientifiques ont ‘vendus’ d’une manière un peu trop optimiste les retombées potentielles de leurs recherches. Mais je pensais plus loin : en lien avec l’histoire et la philosophie de la science, sur le fait que nous (les occidentaux modernes) nous attendons à ce que le monde naturel se conforme à des «règles», et nous nous attendons à ce que ces règles nous soient compréhensibles - au moins potentiellement. En fait, la science a besoin que les choses soient compréhensibles, et la science ne pouvait même pas commencer à exister alors que l’état d’esprit était encore « ce n’est que de la magie ou l’affaire des dieux, n’y touchez pas ».

Donc, mon cerveau était en train de tourner au tour de ces demi-réflexions, puis je suis tombé sur cet article: une brève histoire des alternatives quantiques (in English)

Je m’empresse de préciser que je ne comprends à peu près rien de la physique quantique. Dans mes études, je ne suis pas allé plus loin que les atomes constitués de protons, de neutrons et d’électrons. Mais en lisant l’article j’ai compris que (en caricaturant un peu) personne ne comprend vraiment ces choses quantiques. Dans le sens que personne n’arrive à réconcilier la théorie avec son intuition sur comment le monde fonctionne. Comme l’a déclaré Feynman dans une de ses conférences sur la dualité onde-corpuscule: je ne l’aime pas, mais c’est comme ça. Les formules fonctionnent ; elles expliquent des choses que nous avons observées ; et elles prédisent correctement les résultats des expériences, alors nous devons vivre avec.

Parce que (dans le cas où vous ne le savez pas), le problème de la mécanique quantique est que cela implique que, au niveau très petit, les choses ne sont pas déterministes – et attention, ce n’est pas tant « on ne peut pas mesurer si petit », mais « l’univers ne décide même pas ce qui va se passer (ou pire - ce qui s’est déjà passé), jusqu’à ce que nous le mesurions ».

Je ne veux pas entrer plus loin dans la science de tout ça, mais ce qui m’a frappé de manière tangentielle lors de la lecture de l’article et des commentaires, c’est que - au niveau scientifique - nous avons besoin que l’univers soit déterministe. Mais sur le niveau personnel de notre « libre arbitre », nous ne voulons absolument pas que l’univers soit déterministe, et nous ne ressentons pas et ne vivons pas comme s’il l’était. C’est légèrement analogue à l’histoire du calvinisme/arminianisme: la science ne peut pas être science si nous avons le libre arbitre, de même que Dieu ne peut être souverain si nous avons le libre arbitre.

Et voici la mécanique quantique qui nous chicane (ou qui nous libère) avec des flashs d’étrangeté non déterministe. Ce qui m’a ramené à l’ADN. J’imagine que Léonard de Vinci pensait qu’une fois qu’il avait terminé ses dissections, nous saurions « comment fonctionne le corps humain », puis, à mesure que la science avançait, la complexité et l’épaisseur de la connaissance ne cessait d’augmenter. Et nous les ‘modernes’ pensions que l’ADN était la clé finale de tout. Mais qu’est-ce qui nous dit que le niveau quantique n’est pas aussi impliqué? Pas seulement comme blocs de construction pour les atomes et les molécules, puis les protéines (où se fait le « vrai travail »), mais que notre fonctionnement interne s’étendrait jusqu’en bas ?

Une autre pensée - juste pour le fun - a été déclenchée par un commentaire faisant référence à l’idée que cette indétermination quantique serait logique si nous étions en fait dans un grand simulateur d’univers – inutile de générer des photons si personne ne les regarde ! J’aime cette idée et je me suis demandé si on pourrait aussi le transposer à Dieu en tant que créateur et soutien de l’univers: peut-être qu’il ne soutien que les bouts où il y a quelqu’un qui regarde ! Un peu comme la façon dont votre cerveau remplit les zones que vos yeux ne voient pas réellement.
OK, hold your horses, this is going to be a kind of stream-of-conciousness-I'm-writing-in-order-to-find-out-what-I-think kind of posts.

So I've recently discovered this guy who posts about science/faith/evolution in a way which seems novel to me, and I've also been reading Ars Technica, which is a very interesting site, though the left-leaning bias (of the commenters, at least) grates sometimes.

And there seemed to be some kind of synergy between two articles, which I'm trying to tease out.

Here, Jon Garvey talks about some research which tends to indicate that our 'computer program' analogies for DNA are way out: rather than one bit of DNA coding for one trait/function/thing, hundreds or thousands of bits of DNA can influence hundreds or thousands of traits. (Actually, I should probably say 'idealised computer program' analogy: because in real life, changing "this little bit of code here" often does have unexpected consequences elsewhere!)

This got me to thinking: well why did we think it would be that simple? I guess it could have been Occam's razor, or maybe the scientist's optimistically overselling the potential applications of their research. But I was thinking deeper than that, in a history-and-philosophy-of-science kind of way, about the fact that we (modern westerners) expect the natural world to conform to some kind of 'rules', and we expect those rules to be understandable - at least potentially - to us. In fact, science needs things to be understandable, and science couldn't even begin to exist while the mindset was still "it's just magic or the stuff of the gods, don't mess with it".

So my brain was pottering along with these half-musings, and I hit this article: A brief history of quantum alternatives. I must hasten to explain that I understand next to nothing about quantum stuff. Atoms being made of protons, neutrons and electrons was as far as I ever got in my studies. But reading the article made me realise that (caricaturing a bit) nobody really understands the quantum stuff. Nobody groks it. As Feynman said in one of his lectures about the weird non-intuitiveness of wave-particle duality: I don't like it, but that's the way it is. The maths works, it explains stuff we've observed, it correctly predicts results of experiments, so we have to live with it.

Because (in case you don't know), the problem with quantum mechanics is that it implies that down at the very small level, things are not deterministic - that isn't "we can't measure that small", but "the universe hasn't even decided what's going to happened (or worse - what has already happened), until we measure it".

I don't want to get into the science, but what struck me kind of tangentially when reading the article and comments was that at a scientific level, we "need" the universe to be deterministic. But on a personal "free will" level, we definitely don't want the universe to be deterministic, and we don't feel or live as if it were. It's slightly analogous to the Calvinism/Arminianism thing: science can't be science if we have free will, just as God can't be sovereign if we have free will.

And here's quantum mechanics taunting us (or freeing us?) with flashes of non-deterministic weirdness. Which led me back to the DNA thing. I guess Leonardo da Vinci thought that once he'd finished his dissections, we would know "how the human body works", and then as science advanced, the drilling down just carried on. We thought that DNA was the final key to everything. But who's to say that the quantum level isn't also involved? Not just as building blocks for atoms and molecules then proteins (where the 'real stuff' happens), but our inner workings stretch right down that far?

A further thought - this is just a bit of fun - was sparked by a comment referencing the idea that this quantum indeterminacy would be logical if we were actually inside a big computer simulation - there's no point generating photons if no-one's looking at them. I like this, and wondered if you could also transpose it to God as the creator and upholder of the universe: maybe he too doesn't bother maintaining stuff if no-one's there to see it. A bit like the way your brain fills in the bits your eyes aren't actually seeing.

Tuesday, February 14, 2017

Personality ... Personalité

Encore du copier-coller.

Aimer Dieu selon notre personnalité

J'ai lutté avec ce titre; Le terme de personnalité est plus élastique qu'une combinaison en Lycra, et l'expression aimer Dieu n'est pas beaucoup plus définitive. Mais mon point principal est ceci: Nous pouvons exprimer à juste titre notre dévouement à Dieu différemment que les autres personnes en raison des façons uniques que nous avons été façonnés par Dieu.

Quiconque a erré dans une forêt ou a passé du temps à plonger dans un récif commence à comprendre combien Dieu aime la variété. Même les fleurs et les arbres de la même espèce sont différents les uns des autres, et chaque flocon de neige a sa propre forme unique. Si cela est vrai de l'expression de Dieu de lui-même dans la création, ne sera-t-il pas aussi vrai de sa nouvelle création, dont nous faisons partie?

Quand toutes choses seront accomplies, je crois que les différences de nos personnalités, dépourvues de la conformité sociale et de notre désir de s'intégrer, seront plus prononcées que maintenant, pas moins. Nous ne serons pas des gouttes d'eau perdues dans l'océan de Dieu. Nous serons des chefs-d'œuvre uniques reflétant Son œuvre.

Même maintenant, nous devrions chérir nos différences. Quel grand artiste dessine seulement des formes à l’emporte-pièce? Comment alors ne pouvons-nous pas voir notre unicité comme la création spéciale de Dieu? Comment ne pas voir comment l'unicité du chemin de l'autre avec Dieu est quelque chose de beau et de précieux? Cessons d'essayer de faire les autres à notre image; Son image est suffisante, et a suffisamment de teintes et de facettes pour englober tous ses enfants.

En particulier, nous devons accueillir et célébrer les différentes manières dont les chrétiens expriment leur dévouement à Dieu, selon leur tempérament, leur personnalité et leur histoire. Permettez-moi d'exprimer comment je vois quelques modèles communs (bien que leurs combinaisons et expressions particulières seront presque infinies):
  • Les intellectuels aiment Dieu en formant leur esprit selon la vérité. Ils ont une pulsion intérieure pour en savoir plus sur Dieu et son monde, et détestent l'enseignement superficiel ou trompeur. Livres, magazines et conférences sont les outils que Dieu utilise pour façonner l'intellectuel. Pour l'intellectuel, toute vérité est la vérité de Dieu, et en apprenant de sa Parole et de son monde, ils sont attirés vers Lui..
  • Les activistes aiment Dieu en travaillant pour la justice et la justice sociale. Ils n’ont pas de temps pour une foi qui ne s'exprime pas dans la transformation du monde autour d'eux, et se sentent le plus proche de Dieu lors qu’ils luttent à son côté. Leur désir le plus profond est de voir "Ta volonté soit faite sur la terre, comme elle est déjà faite dans les cieux".
  • Les serviteurs aiment Dieu en aimant ceux qui sont faits à l'image de Dieu. Comme l’activiste, le serviteur ne peut imaginer un dévouement divin séparé de l'action; Contrairement à l’activiste, cette action sera plus probablement en servant personnellement les personnes dans le besoin. Ils désirent être les mains et les pieds du Christ pour les souffrants et les nécessiteux.
  • Les mystiques aiment Dieu par une ardeur intérieure que les autres ne peuvent pas comprendre. En fait, le mystique peut ne pas comprendre les variations de sa passion, tout comme un couple marié peut ne pas toujours comprendre les mêmes variations de leur relation. Mais le désir mystique d'aimer Dieu d'une manière semblable à un amour romantique (en effet, pour un mystique, l'amour romantique humain est un avant-gout et un symbole du roman divin). Rien n'apporte plus de plaisir au mystique que de rester assis en silence pendant des heures devant Dieu, contemplant la beauté de Dieu et priant des paroles d'adoration et d’abandon de soi.
  • Les enthousiastes trouvent leur amour pour Dieu exprimé le mieux dans une adoration communautaire passionnante ou intense. Il ou elle se nourrit de l'enthousiasme des autres croyants et se délecte du mystère de Dieu et du pouvoir surnaturel. Ceci, à son tour, conduit souvent à l'abandon et à la soumission à Dieu. Les expressions nouvelles et créatives du culte sont appréciées par l'enthousiaste.
  • Les naturalistes adorent Dieu par la nature. La beauté et la majesté de la création leur parlent de la beauté et de la majesté du Créateur, et ils se sentent souvent proches de Dieu tout en contemplant simplement un lac de montagne ou un coucher de soleil magnifique. Pour le naturaliste, la création physique est en effet une révélation de Dieu, et ils comprennent pleinement le mot d'ordre de Wordworth, "que la nature soit votre maître".
  • Les traditionalistes évitent le nouveau et lui préfèrent le familier; Ils trouvent une grande signification et beauté spirituelle dans les modèles du passé. Récitant un crédo utilisé pendant 1500 ans, chantant un hymne utilisé par le peuple de Dieu pendant des siècles: ceux-ci relient les traditionalistes au courant de l'histoire de l'Église et les font se sentir unis à quelque chose de plus grand qu'eux, que leur propre temps et lieu. Pour cette personne, se soumettre à une telle tradition est un acte d'humilité divine. Un traditionaliste n'est pas toujours d’une église ancienne; Un baptiste ou une adhérent d’église indépendante peut trouver leurs propres traditions aussi significatives que celles d'un anglican, même si elles sont plus récentes.
  • Les sensoriels adorent Dieu par leurs sens et prennent au sérieux le sentiment que «la beauté est la vérité, et la vérité est la beauté». Pour cette personne, l'art et la musique sont les portails vers le ciel, la façon dont Dieu brille dans un monde sombre. Ils constatent que l'architecture et le décor de leur lieu de culte affectent grandement leur adoration de Dieu, et rien ne leur apporte une plus grande satisfaction spirituelle que d'embrasser, voire de créer, la beauté. Un sensoriel qui valorise aussi la tradition sera très dévoué à la liturgie.
Je ne voudrais pas pour un instant prétendre que cette liste est exhaustive ou définitive. Je ne pense pas non plus que la plupart des gens s'insèrent parfaitement dans un seul tempérament. J’entends simplement qu'en 2000 ans de tradition chrétienne, un certain nombre de façons toutes également valables d'aimer Dieu et de suivre le Christ sont devenus évidents. Au mieux, ces courants de la tradition équilibreront et se corrigeront, car chacun a ses propres forces et faiblesses. À tout le moins, accueillons le fait que chaque chrétien ne doit pas forcément voir et penser comme nous le faisons, et les églises n’adorent pas toutes Dieu de la même manière. Dieu est toujours plus grand que notre église, et plus grand que notre compréhension de ce que signifie l'aimer.

Car le Christ joue dans dix mille lieux
Beau dans la forme, et beau aux yeux qui ne sont pas les siens
(Gerard Manley Hopkins)

Où vous placeriez-vous? Ou envisagez-vous différentes catégories?

Resorting to copy-paste again, sorry!

Loving God According to our Personality

I struggled with this title; the term personality is more elastic than a spandex jumpsuit, and the phrase loving God is not much more definitive.  But my main point is this: We rightly express our devotion to God differently than other people because of the unique ways we have been shaped by God.  

Anyone who has wandered through a forest or spent time snorkeling at a reef begins to realize how much God loves variety.  Even flowers and trees of the same species are different from each other, and every snowflake has its own unique shape.  If this is true of God’s expression of Himself in creation, will not it also be true of His New Creation, of which we are a part?

When all things are fulfilled, I believe the differences of our personalities, unencumbered by social conformity and our desire to fit in, will be more pronounced than now, not less. We will not be drops of water lost in the ocean of God.  We will be unique masterpieces reflecting His work.

Even now we should embrace our differences. What great artist designs only cookie-cutter shapes?  How then can we not see our uniqueness as the special creation of God?  How can we not see how the uniqueness of the other person’s walk with God is something beautiful and valuable?  Let us cease trying to make others in our image; His image is quite sufficient, and has enough hues and facets to embrace all His children.

In particular, we should embrace and celebrate the different ways Christians express their devotion to God, according to their temperament, personality and history.  Allow me to express how I see some common patterns (though their combinations and particular expressions will be almost infinite):
  • Intellectuals love God by forming their mind according to truth. They have an inner drive to know more about God and His world, and abhor shallow or misleading teaching.  Books, magazines, and lectures are the tools God uses to shape the intellectual. For the intellectual all truth is God’s truth, and in learning of His Word and His world they are drawn towards Him.
  • Activists love God by working for righteousness and societal justice.  They are impatient with a faith that does not express itself in transforming the world around them, and feel closest to God when fighting His battles.  Their deepest desire is to see “Your will be done on earth, even as it is already done in heaven”.
  • Servants love God by loving those made in God’s image.  Like the activist, the servant cannot imagine a God-devotion divorced from action; unlike the activist, this action will more likely be in personally serving those in need. They long to be the hands and feet of Christ to the suffering and needy.
  • Mystics love God through an inner ardor that others may not understand. In fact, the mystic may not understand the waxing and waning of their passion, just as a married couple may not always understand the same waxing and waning of their romance.  But the mystic desire to love God in a way similar to a romantic love (indeed, for a mystic, human romantic love is a foretaste and symbol of the divine romance).  Nothing brings the mystic more pleasure than to sit in utter silence for hours before God, contemplating the beauty of God, and praying words of adoration and surrender.
  • Enthusiasts find their love for God best expressed in exciting or intense corporate worship. He or she feeds off the enthusiasm of other believers and revels in God’s mystery and supernatural power. This, in turn, often ushers in surrender and submission to God. New and creative expressions of worship are prized by the enthusiast.
  • Naturalists worship God through nature. The beauty and majesty of creation speak to them of the beauty and majesty of the Creator, and they often feel closest to God while simple contemplating a mountain lake or a magnificent sunset. For the naturalist, the physical creation is indeed a revelation of God, and they fully understand Wordworth’s admonition, “let nature be your teacher”.
  • Traditionalists eschew the new for the familiar; they find great meaning and spiritual beauty in the patterns of the past.  Reciting a creed used for 1500 years, singing a hymn used by God’s people for centuries: these connect the traditionalist to the stream of Church history, and make them feel united to something greater than themselves or their own time and place. For this person, submitting to such tradition is an act of godly humility. A traditionalist is not always High-Church; A Baptist or Church of Christ adherent can find their own traditions as meaningful as an Anglican’s, even if of more recent vintage.
  • Sensates worship God through their senses and take seriously the sentiment that “beauty is truth, and truth is beauty”.   For this person, art and music are the portals to heaven, the way that God shines in a dark world.  They find the architecture and appointments of their house of worship greatly affect their worship to God, and nothing brings them greater spiritual fulfillment than to embrace, or even create, beauty. A sensate who also values tradition will be very devoted to liturgy.
Not for a minute would I suggest this list is exhaustive or definitive.  Nor do I think most people fit neatly into only one temperament.  My point is that in 2000 years of Christian tradition, a number of equally valid ways of loving God and following Christ have become evident. At best, these streams of tradition will balance and correct each other, for each has its own strengths and weaknesses.  At the very least, let us embrace the fact that not every Christian has to look and think like we do, and not every church worship God in the same way.  God is always bigger than our church, and bigger than our understanding of what it means to love Him.

For Christ plays in ten thousand places
Lovely in form, and lovely in eyes not his
(Gerard Manley Hopkins)


Where would you place yourself? Or would you come up with different categories?

Friday, January 13, 2017

Not that monk ... Aux moines

L'autre jour j'ai fait référence à un article trouvé sur internet. Le dernier point concernant les monastères a suscité un vif débat sur le site. Certaines personnes étaient vivement opposées, d'autres plus nuancées.

Au sein de cette discussion j'ai lu une analogie que j'aime bien, même si je ne sais pas ce que ça vaut: Que dans le contexte de l'image biblique corps/membres de l'église, les moines seraient comme la moelle épinière, enfermée dans les os, mais produisant les globules blanches essentielles à la défense de tout le corps.

Last week I quoted 12 theses from the comments on the Cranmer blog. The twelfth put the cat amongst the pigeons: there were several people who were virulently opposed to the notion that monasteries could have anything good about them. Tucked away in the ensuing debate is a little analogy which I quite like, though I don't know if it's valid.

Monks are like bone marrow: they never go out, and on the face of it are useless, but they are continually producing white blood cells, which are essential to protecting the whole body.

(This article - for once - is not from InternetMonk!)

Friday, December 02, 2016

Creation/evolution

Attachez vos ceintures, chaud devant !

Ce qui suit n’est pas taillé dans le marbre, mais un état des lieux de mes réflexions sur la question de la création et l'évolution. Informées par des années d'écoute de la cacophonie des différentes voix, et des fondamentalistes de tous bords.

Permettez-moi de commencer en disant que pour moi, l’âge de la Terre (très très Vieille) n’est pas à discuter. Cependant, j'ai un peu plus de difficulté avec le côté biologique, micro-à-macro-évolution, «beaucoup de petits changements et ... ? ... et voilà l'homme!» (Pour les matheux, l'équation ci-dessus est un résumé humoristique de mes doutes).

Mais le reste de ce billet ne concerne pas la science mais la question suivante : est-ce que l'histoire de la Bible a encore un sens si nous prenons l'évolution comme une donnée ?

Cela peut choquer certains, mais si je suis totalement honnête, intellectuellement la réponse la plus simple (de par le rasoir d'Occam) est que le récit de la Bible n'est qu'une fable, et par conséquent il n'y a rien à réconcilier. Rien à voir ici, avancez s'il vous plaît.

Mais priver ainsi l'histoire des origines de son sens (ou entièrement évacuer la question du sens comme n’ayant pas de sens, comme semble affirmer certains néo-athées) ne fait que créer de nouvelles questions dans d’autres domaines - philosophique et théologique - et par extension existentiel (ce qui convient très bien aux scientifiques fondamentalistes, car pour eux si on ne peut pas compter quelque chose, ça n'existe pas).

C'est pourquoi je ronge encore cet os.

Ceci n'est pas LA réponse, c'est une intuition d’où la réponse pourrait être.

Si la biologie a évolué (nous prenons cela comme une donnée), alors notre premier grand problème est que la souffrance et la mort ne peuvent plus être le résultat de la chute. Cela implique que quelque part la souffrance serait inévitable (ou que Dieu considère que ce n'est pas intrinsèquement mauvais).

Notre proto-homme aurait été le premier «singe» ayant une conscience de soi. Peut-être est-ce quelque chose qui résulte d'une rencontre avec Dieu: serait-ce la signification de «formé de la terre» combiné avec «souffle de Dieu» et «à l'image de Dieu» ?

Peut-être pourrait-on dire qu’antérieurement la douleur et la souffrance étaient déjà présentes, mais pas expérimentées existentiellement. Comme dans le monde animal : Les animaux éprouvent la douleur et la souffrance au moment où elles se produisent, mais ils n'ont pas une crainte existentielle du non-être (désolé si cela heurte les anti-specistes !).

La connaissance du bien et du mal n'était donc pas un changement de comportement, mais une nouvelle compréhension du «comportement animal» comme insuffisante.

L'homme a été (et continue à être) appelé à vivre l’«anti-évolution». Le soin des plus faibles plutôt que la survie des plus aptes serait la volonté de Dieu pour l'humanité. « Dents et griffes » était bon pour la nature, mais ne le sont plus pour l'homme.

Adam et Eve pourraient être un archétype, peut-être que cela s'est passé dans différents endroits indépendamment?

Peut-être que Dieu veut que la planète entière sorte du processus évolutif, grâce à l'humanité?

Une des pistes intrigantes de cette hypothèse est que le trame de l’histoire ne serait plus un retour à Eden, à un ancien état de grâce mythique (semblable au retour vers la sécurité du ventre de notre mère), mais une progression vers une pleine humanité, ce qui implique de découvrir et apprendre ce que « humanité » signifierait.

Vous voyez que le chantier n'est pas terminé! Qu'est-ce que la chute?  Est-ce que nous avons encore 'besoin' du serpent/Satan? Est-ce que le mal existe, ou ne serait-ce qu'une absence de quelque chose? Qu'est-ce que le salut? Par exemple: si le péché est un refus de notre 'humanité' et un retour à notre seule animalité, est-ce qu'une mort éternelle ne serait que l'annihilation, telle que la mort animale?

A réfléchir...
Hold on tight, this could be a rough ride!

This is half-baked, not set in stone, but a sort of what-I'm-musing-right-now on the matter of creation and evolution. Informed by years of listening to the cacophany of different voices, and fundamentalists on all sides.

Let me start by saying that Very Old Earth is a given for me. No debate possible. However, I have a bit more difficulty with the biological micro-to-macro-evolution side of things, the "lots of small changes and mumble-mumble and voilà man!" (For the mathematically inclined, the equation above is a wry summary of what that looks like to me).

But the rest of this post is not about the science, it's about what the Bible story can still mean if we take evolution as a given.

This may shock some, but if I'm totally honest, intellectually speaking the simplest answer (per Occam's razor) is that the Bible account is just a fable, so there's nothing to reconcile. Nothing to see here, move along please.

But in a whack-a-mole kind of way, eviscerating the origins story of any meaning (or even evacuating the question of meaning as being meaningful, as seems to be the approach of some neo-atheists) just brings up different cans of worms in other domains - philosophical and theological, and by extension existential (which is fine by the fundamentalist scientists: because if you can't count it, it doesn't exist).

Which is why I'm still gnawing on this bone.

This is not THE answer, it is an intuition about where the answer might be

If biology evolved (we're taking this as a given), then our first big problem is that suffering and death were not a result of the fall. This implies that somehow suffering was inevitable (or that God thinks it's not inherently 'bad').


Proto-man would have been the first self aware 'ape'. Maybe this is something that resulted from an encounter with God: This would be the meaning of "formed from the earth" combined with "breath of God" and "in God's image".

Perhaps one could say that whatever man was before this, pain and suffering were already present but not experienced existentially. As in the animal world. Animals (sorry if this triggers the anti-specists) experience pain and suffering when it happens, but they don't have an existential dread of non-being.

The knowledge of good and evil was thus not a change of behaviour, but a new understanding of 'animal behaviour' as inadequate.

Man was (and still is) called into "anti-evolution": nurture of the weakest rather than survival of the fittest is God's will for mankind. "Red in tooth and claw" was good for nature, but was no longer good for man.


Adam and Eve could be an archetype, maybe it happened in different places independently?

Maybe God wants the whole planet to come out of the evolutionary process, through mankind? This could be the tending of the garden.

One of the intriguing things about this hypothesis is that His-story is no longer about returning to Eden, to a mythical former state of grace (similarly to how psychologists say we long to be back in the safety of our mother's womb), but a progression towards full humanity, which involves discovering/learning what humanity even means.

As you can see, more work is required! What does the say for the "fall"? Do we still "need" a serpent/devil? Is evil actually a thing, or just an absence of something? What is salvation, in this vision? For example, if sin is a refusal of our 'humanity', and a return to pure animality, is eternal death not just the same as animal death?

Food for thought...

Thursday, July 16, 2015

Theology for life? ... Théologie pour la vie?

Un effet secondaire de « vieillir » est de ne pas me souvenir si j’ai seulement pensé quelque chose, si je l’ai déjà écrit, ou si j’en ai déjà parlé à quelqu'un (et alors à qui?)

Donc, désolé si ceci est une rediffusion !

"Notre théologie a plus d'influence sur nos vies que sur notre salut."

J’ai trouvé ça dans mes notes d'il y a longtemps, ce qui est encourageant, d’un côté (j’étais inspiré à l’époque – même si c’était tout petit), et d’un autre côté c’est inquiétant – quelques jours en arrière j’y pensais toujours, ce qui signifie peut-être que je n’ai pas beaucoup progressé entre deux.

Je ne sais pas comment je suis tombé sur cette pensée, mais ça va quelque chose comme ceci: les protestants (ou les évangéliques, au moins) sont très contents d’eux-mêmes parce qu'ils ne sont pas comme ces catholiques qui croient au salut par les œuvres. Non, monsieur, nous croyons au salut par la foi, et la foi seule !

Mais, dans le petit périmètre de l'église d'élite où j’ai grandi cette compréhension biblique avait été transformée en quelque chose de légèrement différent. Parce que la foi c’est bien jolie, mais qu’est-ce que vous croyez? Et est-ce que vous croyez juste?

Très subtilement (dans le sens que je suis prêt à admettre que les gens qui prêchaient n’y avaient peut-être pas réfléchi plus loin), le message qui était transmis était qu’il fallait croire juste. Croire juste était vraiment très important. "Est-ce juste, mon frère?" était la question qui tuait. Et quand on demandait à un ancien ce qu’il pensait de tel-ou-tel auteur ou prédicateur, la question tacite était "où c’est qu’il a faux?"

Croire « juste » était donc une affaire très importante, et si ce n’était pas une question de vie ou de mort (ou de salut), ça y ressemblait vachement, parce que quelqu'un qui ne croyait pas juste était clairement ‘autre’, peut-être quand-même un chrétien, à la limite il irait au ciel, mais tsktsk tout de même.

Les prédications de dimanche matin c’était comme si on se gargarisait des moindres détails de la minutie de certains points obscurs d'une énorme tapisserie où personne ne se souvenait même ce que l'image dans son ensemble était censé représenter.

Vous pensez probablement que j’exagère. Pendant des années, Graham Kendrick était hors-limites en raison de la théologie douteuse de ses chansons. Des cantiques ont été « corrigées »: les paroles de « Jésus, nous te couronnons » ont été changés de « Viens établir ton trône » à « nous adorons autour de ton trône », parce que le trône de Jésus était déjà établi, n’est-ce pas ?

Mon esprit est passé par des agonies de conscience vers la vingtaine en essayant d'échapper à l’étreinte de « si tu crois différemment à ce que nous t‘avons appris, tu seras faux, tu seras à l'extérieur, tu auras tort. Nous sommes inspirés par l'Esprit de Dieu, de quel droit ferais-tu confiance à ta propre intelligence ? »*. Bien sûr, personne ne m'a jamais dit ces mots, mais c’est ce qui a été imprimé sur mon âme. Si seulement à ce moment-là j’avais pu avoir la « révélation » ci-dessus.

La théologie n'a rien à voir avec le fait d’être « sauvé » ou non.

Ou, si vous préférez, le niveau minimum de théologie nécessaire pour le salut est si ridiculement bas qu’elle ne mérite probablement pas le terme « théologie ».

Puis il dit, « Jésus, souviens-toi de moi quand tu viendras dans ton règne. »
Jésus lui répondit: « En vérité je te le dis, aujourd'hui tu seras avec moi dans le paradis. »


Maintenant, on pourrait faire valoir que ce criminel avait probablement déjà entendu des choses au sujet de Jésus, et il avait probablement une bonne éducation juive (quoique, peut-être pas si bon, compte tenu de comment il a fini!). Au moins assez bonne pour avoir une idée de base sur qui était Dieu. Il avait probablement une idée très sommaire de qui était le Messie (c’était le cas de tout le monde à l’époque – et encore maintenant), et il n'a certainement pas eu le temps de rafraîchir sa position sur le postmillénarisme.

Mais regardez. Jésus est Jésus dans toute sa grâce, même sur la croix. Ça me bouleverse.

Donc, mettrons-nous toute la théologie à la poubelle? Non, mais avant que quelqu'un commence à me « faire de la théologie », je veux savoir pourquoi. Pourquoi est-ce que c’est important pour eux? Pourquoi est-ce que ce serait important pour moi? Comme j’ai osé dire à la fin d’un culte l'autre jour: «Tout cela est bien beau, mais quelle différence ça fait si je crois l’un ou l’autre ?».

Je crois tout à fait que ça fait une différence, une différence ici, dans nos vies, mais je ne suis pas convaincu que les gens qui croient « le plus fort » sont toujours capables de vous dire quelle différence ça fait. Un peu comme les professeurs de mathématiques de collège qui peuvent vous driller sur les règles, mais qui sont incapables de vous dire à quoi ça peut servir.

Donc, la théologie, oui. Mais soyez clair sur votre «méta-théologie» en premier. Pourquoi est-ce important? Qu'est-ce que cela va changer dans votre vie? Dans la vie de votre communauté? Parce que si vous ne savez pas... à quoi ça sert? Ça ne va pas contribuer à votre salut.

Post-scriptum: Dans tout cela, mes parents ne m'ont jamais dit ce que je devais croire (ou peut-être qu'ils l’ont fait, mais je ne les ai pas écoute!). Je trouve ça incroyable, merveilleux, et j’en suis extrêmement reconnaissant.

* Je suis venu à la conclusion que si je ne pouvais pas croire que mon intelligence pourrait être inspirée par Dieu, il n'y avait pas plus de raison de croire que la leur pourrait l’être. Et inversement, si Dieu pouvait les inspirer, il pourrait aussi m’inspirer moi.
Another side-effect of 'getting old' is not remembering if I've only thought something, already written it, or already talked to someone about it (and who?)

So, sorry if this is a replay.

"Our theology has more influence on our lives than on our salvation."

I found this in my notes from a long time ago, which is sort of encouraging (I was having revelations way back then - albeit minor ones), and worrying - because I 'thought' it again recently, which means maybe I haven't progressed much in between.

I don't know how I stumbled upon this thought, but it runs something like this: Protestants (or Evangelicals, at least) are very pleased with themselves because they're not like those Catholics who believe in salvation by works. No sir, we believe in honest-to-God salvation by faith, and faith alone.

But, in the rather small perimeter of the elite church I grew up in, that biblical understanding had morphed into something slightly different. Because faith is all well and good, but what do you believe? And are you believing right?

Ever so subtly (i.e. I'm prepared to entertain the idea that the people preaching it hadn't thought it through so far), the message that was conveyed was that you better believe right. Believing right was really important. "Is that right, brother?" was the killer question. And when one inquired what an elder thought about such-and-such (from outside the church), the unspoken question was "what is he wrong about?"

Being "right" was thus a pretty big deal, and if it wasn't a matter of life or death (or salvation), it  seemed like it, because anyone who wasn't "right" was clearly beyond the pale, possibly still a Christian, maybe they would be going to heaven, but tut-tut all the same.

Sunday mornings just felt like fiddling on about tiniest details of the minutiae of some obscure point in an enormous tapestry where no-one even remembered what the picture actually was.

You probably think I'm exaggerating. For years Graham Kendrick was off-limits because of dodgy theology in his songs. And choruses were 'corrected' too: the lyrics of "Jesus, we enthrone you" were changed from "as we worship, build your throne" to "as we worship round your throne", because Jesus' throne was already built, don't-ya-know.

I went through agonies in my early twenties when my mind was doing me in, trying to escape from the stranglehold of "if you believe differently to what we've taught you, you will be other, you will be outside, you will be wrong, we are inspired by God's Holy Spirit, what right do you have to trust your puny mind?"*. Of course, no-one ever said those words to me, but that's what was imprinted on my soul. I wish that at that time I could have had this 'revelation' above.

Theology has nothing to do with being 'saved' or not.

Or, if you prefer, the minimum level of theology necessary for salvation is so ridiculously low as to probably not merit the term 'theology'.

Then he said, "Jesus, remember me when you come into your kingdom."
Jesus answered him, "Truly I tell you, today you will be with me in paradise."


(Note that I deliberately didn't give you that in the King James version. Don't get me started...)

Now I guess, you could argue that this criminal had probably heard stuff about Jesus, and he probably had a good Jewish upbringing (well, maybe not so good, given how he turned out), at least enough to have a basic idea about who God was. He probably had a very sketchy idea of who the Messiah was (they all did, we mostly still do!), and he certainly didn't have time to brush up on his post-millennialism.

But look at it. Jesus being Jesus, even on the cross. It blows me away.

So, ditch all that theology? No. But before anyone starts 'doing theology' at me, I want to know why. Why is it important for them? Why should it be important to me? As I dared to say at the end of a preach the other day: "that's all very nice, but what difference does it make which one I believe?"

I totally do believe that it makes a difference, a difference down here in our lives, but I'm not convinced that the people who believe the 'hardest' are always capable of telling you what difference it makes. A bit like middle school maths teachers who can drill the rules into you, but are incapable of telling you what-on-earth use they will ever be.

So theology, yes. But get your 'meta-theology' straight first. Why is it important? What difference will it make in your life? In the life of your community? Because if you don't know... what's the point? It ain't gonna get you saved.

Postscriptum: In all this, my parents never once told me what I should believe (or maybe they did but I didn't listen!). I find that unbelievable, amazing, and I'm incredibly grateful.

* I eventually came to the conclusion that if I couldn't trust that my puny mind could be God-inspired, there was no reason to trust that theirs could. And inversely, if God could inspire them, he could also inspire me.